Pourquoi je ne suis pas en grève…

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Il y a maintenant une semaine débutait un mouvement social reconductible à la SNCF et comme le rabâchent les médias continuellement, « un de plus », ‘inaudible », etc, etc… On connait la musique.

En cause le projet de réforme ferroviaire dont les discussions débutent ce jour à l’assemblée nationale. Je ne reviendrais pas sur les détails de cette réforme déjà exposés sur ce blog, thème également bien illustré par le billet de Sylvain.

Mais j’aimerais essayer d’expliquer mon point de vue. Car contrairement à une partie de mes collègues, j’ai décidé de ne pas faire grève.

Non pas que le sujet ne m’intéresse pas, puisque nous en avons déjà largement débattu ici et sur Twitter. Non pas que je ne sois pas concerné, puisque travaillant pour le chemin de fer je le suis directement.

Cependant, si les convictions des agents en grève sont fortes, car fondées sur des peurs bien réelles, j’ai pour ma part l’intime conviction que la grève n’est pas le bon moyen d’action. Je suis attaché au service rendu aux passagers et je pense qu’ils sont largement la clé de notre réussite ou de notre perte.

Le contexte actuel nous fait largement parler de la future concurrence ferroviaire sur les rails, mais beaucoup moins, voire pas des concurrences existantes ou à venir et bien plus meurtrières à mon avis. En vrac le développement des voitures sans conducteurs, de projets de « trains routiers » comme celui de Volvo, des autocars, du covoiturage…le tout combiné à l’avènement du Big Data et de l’Open Data.

C’est ce contexte concurrentiel, bien réel lui aussi et plus anxiogène à mes yeux, qui une fois passé à la moulinette de ma réflexion personnelle, m’a amené à penser que la grève et surtout l’impact de cette grève sur nos clients, usagers, passagers, comme vous voulez, étaient trop importants pour que je cesse le travail.

Alors, quoi d’autre que la grève pour se faire entendre me répondent les collègues ? L’association SOS Usagers avait il fût un temps, portée avec le syndicat SUDRail un projet de loi pour permettre d’avoir un cadre légal concernant la grève de la gratuité. Elle devait permettre aux contrôleurs de faire voyager les gens gratuitement, donnant un moyen de pression n’empêchant pas les passagers de voyager. Cette proposition n’a pas à ce jour et à ma connaissance pas connue de suite.

Etre au service des passagers, c’est une forme d’engagement pour moi. Je veux leur donner envie d’aimer le train, de le prendre largement et d’en faire la promotion autour d’eux. Et cela face aux concurrences pré-citées.

J’ai eu de nombreux échanges avec des collègues ayant des avis différents du mien et je tiens à préciser qu’ils ont tous étés courtois dans leur ensemble. Je respecte totalement les grévistes et je comprends leurs motivations, j’espère en retour du respect quant à mon point de vue.

Comme évoqué lors de certains échanges sur Twitter avec des collègues, chacun dans son choix, se doit de l’assumer. Donc pour ceux qui se pose la question, non je ne me cache pas pour prendre mon service. Je rentre par la grande porte et si quelqu’un veut discuter avec moi, débattre et confronter son point de vue en bonne intelligence et dans le respect, dans la mesure ou j’en ai le temps, je le fais et je porte mes arguments à sa connaissance.

Dans mon dépôt je n’ai par ailleurs rencontré aucuns problèmes, pressions ou autre et suis totalement libre de mon choix. Loin des clichés diffusés par les médias, tous les cheminots ne font pas grève, et tous les syndicats ne mettent pas une pression sur les agents pour faire ce qu’ils disent…et heureusement !

Je ne mérite pas plus une médaille qu’un crachat ou une insulte et il en est de même pour les grévistes. Nous avons deux façon différentes d’appréhender les choses, et ils défendent aussi les passagers à leur manière. Je le redis, pour moi le point crucial est le respect des uns par les autres, j’y veille autour de moi.

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