Ne pas confondre vitesse et précipitation

« Mais pourquoi on ralentit ?! »

Lorsque je suis « EV », soit en voyageur, pour les besoins du service (acheminement…) ou même à titre personnel, j’ai l’occasion de voir la réaction des gens aux différentes phases de la circulation d’un train. Apercevoir un signal par la fenêtre dans une courbe, et donc comprendre la réaction du train c’est cool, pouvoir l’expliquer à mon voisin qui soupire, c’est encore mieux ! Un peu comme quand j’interviens sur Twitter, mais en direct.

Parce que les gens on un besoin de « ressentir » la vitesse. Si certains évènements et ralentissements sont imprévus, et qu’ils ralentissent effectivement les convois, certains sont complètement intégrés dans le sillon, et n’ont aucune incidence sur le trafic, voire même sont nécessaires au trafic (croisement en voie unique par exemple). C’est juste que quand les gens ressentent le freinage (effet de Jerk), il y a un second « effet », un peu panique : la peur qu’il soit anormal en somme.

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« Mais pourquoi est-il aussi lent, nous allons être en retard ». Cet état de fait est le dérivé de notre société du tout voiture ou les gens parlent en vitesse absolue, en Vmax, et confondent beaucoup de choses. Nous allons tenter d’exposer le vieil adage « rien ne sert de courir, il faut partir à temps ».

Pour cela il serait intéressant de distinguer les différentes vitesses, ou plutôt les différentes façon de parler de la vitesse.

La plus connue, c’est la vitesse maximale. L’équivalent du 50 en ville ou du 130 par temps clair sur autoroute pour les voitures. Grossièrement, la vitesse des trains, selon leur type, suit ces règles : 
 – Les trains dits « de banlieue », transiliens, RER, roulent généralement à 140 km/h maximum.
 – Les TER roulent jusqu’à 160 km/h maximum (voire 200 par endroits, assez rares). Plus l’axe est petit (peu fréquenté), plus il est tortueux, moins les vitesses sont élevées : on trouve du 140, 120 ou 100 km/h, voire moins (lignes de montagnes, je pense à Latour-de-Carol avec montée à 60km/h par exemple) 
 – Les trains Grandes Lignes Intercités roulent à 160/200 km/h sur les axes le permettant (longues lignes droites, sur terrain plat sans passages à niveau, comme Étampes – Vierzon). 
 – Enfin, les TGV, roulent à 300 ou 320 km/h sur les lignes à grande vitesse (LGV dédiées donc), à 220 sur les lignes conventionnelles (depuis 1989 sur certains segments grâce à leur meilleure capacité d’accélération/freinage par rapport aux trains classiques, à leur moindre charge par essieu et leur centre de gravité plus bas), et aux mêmes vitesses que les trains GL sur le reste du réseau.

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Peu de gens connaissent ces vitesses et l’expérience menée par un voyageur en a surpris plus d’un « En voiture compartiment, j’ai placé un GPS TomTom contre la baie vitrée, à la vue des autres passagers. 
Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir, après avoir quitté Versailles, que notre train roulait à 160 km/h. On eut dit qu’ils découvraient qu’on pouvait rouler plus vite qu’ils ne vont dans leur voiture… », à retrouver ici

C’est sur elle que l’on se focalise donc, mais pourtant c’est bien la vitesse commerciale d’un moyen de transport en commun qui est utile à l’usager. On parle alors aussi de vitesse moyenne. Ce terme de vitesse moyenne vaut aussi pour les voitures individuelles, bien que comme pour leur coût réel les gens continuent de voir ce moyen de transport à travers un prisme déformant.

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Elle tient compte de la vitesse de pointe bien sûr, mais aussi des arrêts, des ralentissements pour travaux, de la signalisation et si le mode de transport en commun n’est pas en site propre, des embouteillages et dépendance à la circulation des autres véhicules. Cette vitesse ne tient pas compte cependant des éventuels délais d’embarquement, ce qui fait toute la différence sur de courtes distances entre l’avion et le TGV par exemple (moins vrai avec les service TGV LowCost ou Internationaux demandant des temps d’embarquements, comme OuiGo ou Eurostar).

Par exemple la vitesse moyenne du tramway de Toulouse dépasse maintenant les 22km/h. Ça parait très peu. Mais suivez la ligne, ou faites un trajet le plus proche possible en voiture et comparez-le au temps de parcours du tram (et donc à sa vitesse moyenne) et vous verrez qu’il est difficile de rivaliser. C’est ainsi qu’en roulant à 50 km/h en scooter en ville, en me faisant doubler (par des gens hors-la-loi du coup…), je me suis rendu compte que ces mêmes automobilistes arrivaient en même temps que moi, à la seconde où ils claquent leur portière, j’enlève mon casque. Parce qu’à la vitesse limite de 50 km/h, si je prend le premier feu au vert, les autres sont en grande partie calculés pour être au vert à mon passage. Celui qui fait la portion à 70, arrive avant au feu, mais reste bloqué, je le rattrape donc et on repart ensemble pour la section suivante. Ainsi de suite jusqu’à l’arrivée, où au final il aura simplement consommé plus de carburant que moi. Mais aussi sûr que nous arrivons en même temps, lui sera persuadé d’aller plus vite que s’il avait roulé en scooter. Alors pour une vitesse de pointe supérieure, mais avec des arrêts/embouteillages en plus nous avons une même vitesse moyenne.

Ca n’est pas vrai partout bien sûr (routes et autoroutes), mais c’est un exemple vécu, qui illustre bien la différence entre ces deux notions.

Donc on va voir qui a suivi, maintenant c’est exercices et je ramasse les copies dans 30 min 😉

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