Des petites lignes, des petites lignes, toujours des petites lignes

Vous aurez remarqué que depuis quelques temps le blog est un peu « mort ». L’explication tient au fait que j’ai demandé il y a quelques temps déjà une mutation, mutation que j’ai obtenue début février.

J’ai donc déménagé dans la région Toulousaine, retour près de la famille.

mutation

Au niveau du travail cela implique pas mal de changement. Dans la région Bretagne, j’avais une licence m’autorisant à circuler sur une partie des lignes régionales et certains engins moteurs. Il faut donc pour chaque établissement traction avoir la carte correspondant aux parcours sur lesquels on veut nous utiliser et aux engins correspondant à ces mêmes dessertes. Un certain nombre d’engins sont utilisés à plusieurs endroits en France, pour moi il s’agit des AGC, X73500, X2100+XR6000, RRR et BB25500 (exactement 8500 à Toulouse, soit sa version mono-courant). J’ai dû faire des formations professionnelles supplémentaires, pour obtenir la qualification technique nécessaire à l’utilisation des BB7200, BB9300, Z7300 (Z2 mono-courant 1500 volts) et X72500 (retrouvez des illustrations de ces engins dans la rubrique « photo » du blog)

Ce n’est pas tout, car en plus des éventuels nouveaux engins moteurs, il faut connaître les particularités régionales. Ici certains systèmes d’espacement des trains sont « dérivés » de systèmes classiques que je connaissais, mais des points techniques particuliers nécessitent eux aussi une formation. La partie montagneuse de la région (trains de l’Ariège notamment) nécessite des connaissances liées aux fortes déclivités, là encore il a fallu faire une formation.

Enfin il faut connaitre les lignes à proprement parler : particularités, points importants, points de freinage, type de dessertes, géographie, déclivités… Et quelques points de plus comme le courant d’alimentation (ici en 1500 volts continu, alors qu’en Bretagne il est de 25 000 volts alternatif), les différents chantiers, triages, gares, voies de service et de garages, itinéraires, règles pour évoluer entre ces chantiers et les gares… Pour cela nous faisons des « connaissance de lignes ». Il s’agit de faire deux passages avec un conducteur habilité, pour qu’il nous donne ses repères. Nous préparons ensuite un papier, personnel, qui comprend les éléments qui nous semblent essentiels pour circuler sur la ligne seul. Un cadre traction valide ce travail et nous valide sur la ligne.

Au total pour une région comme celle qui m’emploie, il aura fallu 4 semaines de formations continues (comprenant les examens de validation de chaque point) afin d’obtenir ma précieuse licence enfin à jour !

L’occasion aussi pour moi de revenir sur des points qui sont considérés acquis, mais très peu, voire pas pratiqués en Bretagne (trains Corail, avec les règles liées à la mise en tête sur les rames, utilisation et règles liées au courant 1500 volts).

L’impression de revenir à l’école, de redevenir « le jeune », « le bleu » qui découvre, alors que l’on était déjà conducteur est assez frustrant au départ. Mais acquérir des compétences nouvelles et changer de paysage et accessoirement d’engins moteur et très stimulant.

Ma première journée de route fut un véritable… calvaire ! La neige était de mise, en abondance. Après 1 h 30 de lutte acharnée, mon engin refusait obstinément de prendre son service 😦

Donc il fallut en changer, partir sous une neige épaisse et une visibilité réduite, sur une ligne nouvelle pour moi, tout un programme ! S’en suivront des problèmes techniques sur l’engin, ainsi que le bris de la partie droite de mon pare-brise par la projection de glace depuis un train croiseur ! Et un terminus avancé à cause de mon retard accumulé ! Une expérience enrichissante, car formatrice, les situations métier et les applications de documents liés aux circulations sous la neige étant rare (une première pour moi).

Voilà, à bientôt donc pour de nouvelles aventures dans le sud cette fois !

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