Une question de rythme

Lorsque l’on parle de la conduite des trains, des gens dans les postes, des régulateurs, on parle de beaucoup de choses mais peu des horaires induites par le travail en question. En effet comme dans beaucoup de domaines (aviation, médical…) le service de circulation des trains tourne tout le temps.

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Il induit donc plusieurs « contraintes » entre guillemets car nous savons bien cela avant de travailler au chemin de fer, pour l’anecdote lorsque j’ai fais les sélections pour être contrôleur, puis celle pour être conducteur, le simple fait d’évoquer ces particularités à fait se lever certaines personnes, qui ont quitté la salle !

Le travail week-end, fériés/fêtes (je travaille les 31 et 01 décembre en RHR et peut être le 24 décembre) est la première, la seconde étant les horaires décalées, et les RHR. On appelle RHR les Repos Hors Résidence, entre nous nous parlons de découchés, dans l’aérien ils parlent d’escales ; pour vous situer.

Les horaires, justement, constituent la plus grosse difficulté. Nous ne travaillons pas en nuits ou en journées comme les gens qui font les 3×8. Chaque jours les horaires sont différents, la composition de la journée aussi. Bien sûr il y a une suite logique, avec des temps de repos minimum, on ne peut donc pas finir à 23h pour reprendre à 4h du mat’. Cependant le fait de changer en permanence, oblige par exemple à organisation rigoureuse de sa vie, au risque d’être en décalage permanent avec amis et famille. Aussi les repas se retrouvent chamboulés, avec des heures de conduite qui tombent sur les plages qui y sont normalement dédiées. C’est souvent sandwich sur le pupitre, repas au bar du TGV …

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Après quelques services de soirée, si on fait un RHR avec un retour tôt le matin, et que l’on finit la semaine sur des matinées c’est un des trucs les plus durs à gérer. Personnellement je me retrouve en fin de semaine avec les yeux grands ouverts dans le lit, alors que le réveil s’impatiente…
Un comble quand on sait que les exigences médicales pour les conducteurs sont élevés alors même qu’un grand nombre de machines sont bruyantes (je conduis des 25500 par exemple…), que les horaires sont décalés, et les prises de repas aléatoires, un peu l’antithèse de l’hygiène de vie parfaite. Il faut donc faire un minimum attention, et rattraper les heures de sommeil.

Enfin quant à la trés célèbre phrase « mais ne vous plaignez pas, vous ne mettez pas de charbon dans le TGV », il faut préciser une chose. A l’époque du charbon, du fait de la vitesse des machines les conducteurs parcouraient beaucoup moins de kilomètres, ils connaissaient beaucoup moins de lignes que nous aujourd’hui. De fait les trajets moins longs évitaient un rayonnement trés important et les inconvénient qui vont avec, notamment en terme de repos hors résidence, d’heure de couchage, de repas. Donc oui le travail est beaucoup moins dur physiquement, pas besoin d’être un Goldorak pour  tirer les trains modernes (quoi que sortir l’attelage automatique d’un X72500 et le mettre en place en cas de demande de secours n’est pas une mince affaire…les connaisseurs comprendront, les autres attendrons que je fasse un article sur le sujet du secours), mais les rythmes imposés par le fonctionnement actuel du chemin de fer, l’éloignement du à la vitesse des convois, la dégradation de l’offre globale de lieux de repos (foyers…) leur équipements, impose de manger mal, sur le pouce quand ce n’est pas sur le pupitre, de dormir peu, avec des roulements alternants de manières trés aléatoire les journées. Pas de complainte là encore, c’est le propre du métier, mais c’est bon à savoir. Du temps du charbon, personne n’aurait pu tenir le rythme moyen actuel. Les avancées technologique ont permis en fait de pouvoir augmenter ce rythme. Le boulot n’est pas plus ou moins difficile, il est surtout trés différent…

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