J’ai testé la simulation…de tramway !

Lors de ma visite du salon Innotrans, j’ai eu la chance de pouvoir rendre visite aux gens de chez OKTAL. Cette société est spécialisée dans la fabrication, modernisation, développement d’outils de simulation professionnels. La SNCF, et d’autres opérateurs ferroviaires en sont clients, avec notamment les LiTo2 (pour Light Tool, ce sont de petits simulateurs de conduite train). Leur logiciel OKSimRail™ est très poussé. J’ai fait une grande partie de ma formation initiale dessus, et nous l’utilisons dans les établissements pour le maintien des connaissances.

Un poste élève de type LiTo (SNCF)

Lors de la formation initiale, c’est l’outil de torture, mais ensuite quand nous sommes en JF (journées de formation continue) on relativise un peu. Conduire de vrais trains permet d’avoir ce recul vis-à-vis du stress généré par le simulateur. Il s’agit de cette sensation de se sentir comme dans un aquarium, tous les gestes sont scrutés, on est pas à l’aise au début. Il y a donc le LiTo, ou l’on passe à un ou deux (un conducteur et un observateur, puis on échange), et le simulateur, qui est une réplique de cabine de conduite (chez nous une 22200).

Dans ce dernier nous sommes seul, et les autres stagiaires sont dans une salle séparée, avec le formateur qui paramètre le scénario. Tout ce que l’on fait est filmé, les paramètres de routes sont reportés sur un écran, la vision de la route aussi. Nous sommes donc « scrutés », c’est très désagréable. Je me demande encore si cet outil est vraiment pédagogique. Je me souvient de quelques fin de scénario, ou huit paires d’yeux vous regardent à la sortie…

Le LiTo c’est différent. Il y a généralement 4 ou 6 postes, et ce qui est cool c’est que nous sommes en petits groupes. Le formateur voit ce qui ce passe sur ses écrans, mais tous le monde travaille. Après un scénario, on fait un débriefing, ce qui est plus pédagogique, permet de moins montrer du doigt une personne en particulier, mais plus une tendance. C’est l’outil qui m’a le plus plu, et surtout le plus appris (gestes métier), après la pratique en stage bien sûr.

Un Citadis d’Alstom c’est ça (ici à Toulouse)

En passant devant le stand OKTAL au salon Innotrans, j’ai vu un pupitre, 4 écrans… forme et couleur familières, oui ça ressemble beaucoup au LiTo de ma formation. ! Mais rapidement je remarque que les reproductions à l’écran sont différentes de ce que je connais. En effet il s’agit d’un simulateur de tramway. Par ailleurs très bien fait, le tout à première vue, de loin. Après quelques minutes de discussion sur les outils de simulation en général, ceux que je connais en particulier, le très accueillant démonstrateur de la société, me montre le fonctionnement de ce poste. Les possibilités, les similitudes avec le simulateur train.

Et malgré le fait que nous soyons vendredi, en fin de salon, me propose… de m’essayer à la conduite tramway ! Séduit tout de suite, car je l’avoue, j’ai déjà regardé avec « envie » les conducteurs de tramways, manier leur unique manipulateur traction/freinage avec une aisance étonnante. Je m’installe donc devant le poste, non sans appréhension, car finir ma visite en écrasant un piéton serait dommage 😉

Un « vrai » pupitre de Citadis, le matériel que j’ai essayé sur simulateur.

Après quelques explications rapides sur le scénario chargé, et sur l’utilisation des commandes (un pupitre de tramway est assez simplifié, et les commande sont lisibles, et facilement compréhensibles pour un conducteur de train, les logos sont génériques), on m’explique les principes de circulation.

Car nous l’avons déjà évoqué ici, la grosse différence entre le train et le tramway, c’est le mode de circulation. Un train, en marche normale ne peut pas s’arrêter dans la partie de voie qu’il aperçoit devant lui (d’où les signaux qui annoncent ce qui arrive plus loin). Toujours en train, rouler en pouvant s’arrêter dans cette fameuse partie de voie que l’on aperçoit est possible dans certaine circonstances et cela s’appelle la marche à vue. Dans cette configuration, nous ne dépassons pas 30 km/h, voire beaucoup moins (brouillard, pluie, déclivités…), et observons un certain nombre d’indices pour prévenir tout problème. Un tramway roule en fait tout le temps en « marche à vue », la vitesse en plus compte tenu de sa capacité de freinage caractéristique. Il peut donc rouler jusqu’à 70km/h, sans avoir de signalisation le séparant du tram précédent. Alors il y a bien sur des exceptions, zones ou réseau, car comme me l’expliquait mon hôte chaque réseau (dans un même pays (sic!)) peut faire un peut ce qu’il veut. Il y a donc des différences d’exploitation entre Lyon, Bordeaux, Toulouse ou Reims ! Alors que dans le ferroviaire « lourd », c’est les mêmes règles partout.

Me voilà fin prêt pour rouler ! Voici les photos de ce petit moment sympa :

Prêt à partir

Une veille automatique à réarmer en permanence (quelques secondes), c’est plus exigeant qu’en train, mais l’environnement explique cela

Mon hôte m’explique le fonctionnement des autorisations d’ouverture de portes, quelque peu différentes sur Citadis. Des supers explications, un des meilleurs stand du salon, 5 étoiles dans la catégorie accueil ^^

Un peu de circulation, en condition réelle. Simulateur de très grande qualité, avec une reproduction fidèle de l’environnement, tant au niveau graphique, qu’au niveau du comportement (voitures, piétons…)

Perplexe quand même face à certaines situations. Comme par exemple lorsqu’il m’explique qu’à certains endroits le conducteur commande lui-même depuis la cabine les aiguilles devant lui ! N’existe pas chez nous ça !

Verdict ? Et bien le tramway (dans la mesure ou je n’ai rien vu en profondeur, pas de situation dégradée ou autre…) c’est accessible pour un conducteur de train. Le matériel est agréable à conduire, fortes accélérations, freinage performant, pupitre assez simple…

Mais c’est très stressant ! Je parle de l’environnement. Car il y a quand même des signaux à observer (croisements par exemple), des gens de partout, des voitures, ça traverse, ça grille des feux, ça écoute le walkman et n’entend donc pas le ding-ding que je n’ai pas lâché de toute la séance !

C’est un autre métier, connexe par la base même, puisque système ferroviaire guidé. Et en même temps très différent car environnement particulier, et croyez moi en ville c’est pas facile de rouler, de faire l’heure, et de tout surveiller !

Vous savez ce qu’il vous reste à faire, piétons ou autos…ouvrez l’œil, et ne faites pas de frayeurs à nos amis traminots !

 

Un petit aperçu d’un e formation tramway chez Keolis : 

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