Passage à niveau

Les passages à niveau (PN dans le jargon) sont tristement connus et reconnus pour leur dangerosité… Dans ce « duel » train/voiture, le perdant est généralement du côté routier. La règle veut que la circulation des convois ferroviaires soit toujours prioritaire sur les usagers de la route. En effet, l’inertie liée à l’énergie cinétique emmagasinée par un train est telle qu’il lui faut plusieurs centaines de mètres pour s’arrêter, jamais donc dans la partie que le conducteur aperçoit (sauf cas exceptionnel de certaines procédures, limitant la vitesse des trains). Si tous les accidents ne ressemblent fort heureusement pas à celui de St Médard en Bretagne (photo), les images sont toujours aussi impressionnantes, et l’inconscience des personnes en automobile laisse pantois.

Pour rappel voici un extrait du code de la route, Art. R. 412-30 :
« Tout conducteur doit marquer l’arrêt absolu devant un feu de signalisation rouge, fixe ou clignotant. L’arrêt se fait en respectant la limite d’une ligne perpendiculaire à l’axe de la voie de circulation.(…) Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du présent article est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe (…) et la peine complémentaire de suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire. Cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de quatre points du permis de conduire. »

Et le moins que l’on puisse dire c’est que si des radars étaient installés aux PN, le carton serait rapidement plein ! Les gens interprètent, alors qu’il n’y a absolument pas lieu, les feux sont allumés ou éteints. Il n’y a pas de demi-mesure, c’est bipolaire, un feu n’est pas « mûr » comme s’amusent à le dire certains. Cette petite leçon de morale fait sourire lorsque l’on pense aux croisements routiers, mais c’est la même logique pour un passage à niveau, les morceaux de chair en plus. Quoique même les images chocs ne suffisent parfois plus à faire reculer la bêtise !

Fonctionnement :

Lorsque nous roulons, le passage du train sur des capteurs provoque l’allumage des feux rouges clignotants, ainsi que l’abaissement des barrières si le PN en est pourvu. Entre le passage sur le capteur (l’allumage des feux donc) et la fermeture effective des barrières, je compte souvent 5/6 voitures qui « forcent » le passage. Je les vois accélérer au loin, et passer comme des balles, puis freiner, car sinon c’est direction le fossé au premier virage ! Donc 6 morts potentiels. Sans compter les deux roues (ça arrive aux voitures aussi !) qui passent en chicane, entre les barrières déjà baissées. C’est tellement suicidaire par moment, que j’hésite à choisir entre l’idiotie pure et la vrai envie de suicide, difficilement dissociable chez certains automobilistes. 

Alors après comme pour tous les domaines, nous avons les champions, les avions, les Goldorak de la connerie. En tête, ceux qui entraînent des innocents avec eux. Oui car vous lisez bien, j’ai vu par deux fois un père de famille passer en chicane barrière baissées, avec deux gosses à l’arrière. Deux fois, sachant que je roule à mon compte depuis un an. Donc là soit il n’aime pas ses enfants, soit c’est de l’inconscience pure, soit ça relève de la psychiatrie. En mode « t’a vu papa, il y a un gros train ! », « ben oui je sais je passe en chicane ».

Des journée mondiales de sensibilisation aux dangers des PN sont organisée par RFF et consort, et en 2011 ce ne sont pas moins de 43 millions d’€uros qui ont été investis dans l’amélioration de la sécurité, et la suppression des PN (remplacement par pont ou tunnel, nécessitant des travaux pharaoniques). Ne perdons cependant pas de vue que 98% des accidents qui surviennent sur les passages à niveau sont le fait du non respect du code de la route. Les règles existent, c’est juste une question de respect en fait.

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